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Roundup : un recours de Bayer bientôt examiné par la Cour suprême américaine

La Cour suprême des États-Unis a accepté d’examiner un recours de Bayer sur la recevabilité de plaintes contre son herbicide, le Roundup, fabriqué par sa filiale Monsanto.

La Cour suprême des États-Unis a accepté d’examiner un recours du géant allemand Bayer sur la recevabilité de plaintes contre son herbicide reposant sur le risque supposé de cancer lié à l’utilisation de Roundup, fabriqué par sa filiale Monsanto.

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Dans un bref avis diffusé le vendredi 16 janvier 2026, la Cour suprême des États-Unis à majorité conservatrice annonce qu’elle accepte de se saisir d’un recours présenté en avril 2025 par Bayer, qui a racheté l’Américain Monsanto en 2018, au sujet des plaintes déposées contre son herbicide, le Roundup.

Une réponse attendue d’ici à la fin de juin

La question sur laquelle statueront les neuf juges de la Cour suprême d’ici au terme de leur session annuelle, à la fin de juin, porte sur la recevabilité des plaintes déposées dans les différents États américains contre des produits approuvés sans avertissement sanitaire par l’Agence fédérale de protection de l’environnement (EPA).

Dans son recours, Bayer invoque la loi fédérale Fifra sur les pesticides, faisant valoir qu’elle interdit aux états d’imposer des avertissements sanitaires supplémentaires.

Soutenu par l’administration Trump, Bayer rappelle que l’EPA considère que le glyphosate, principe actif du Roundup, n’est pas cancérogène. Il est toutefois classé comme un « cancérogène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ).

Des dizaines de milliers de plaintes

L’enjeu est de taille car des dizaines de milliers de plaintes visent actuellement Monsanto aux États-Unis. Depuis son rachat en 2018, Bayer a déjà déboursé plus de 10 milliards de dollars pour régler des litiges liés au glyphosate et il a provisionné ces derniers mois plus de 8 milliards pour ceux encore en cours.

Le patron de Bayer, Bill Anderson, a salué dans un communiqué la décision de la Cour suprême d’examiner ce recours, assurant qu’il s’agissait d’une « bonne nouvelle pour les agriculteurs américains, qui ont besoin de clarté sur la réglementation ».

« Il est temps pour le système judiciaire américain de décider que des entreprises ne devraient pas être punies en vertu de lois des États pour s’être conformées aux exigences des réglementations fédérales », a-t-il ajouté.

Lori Ann Burd, directrice du programme de santé environnementale de l’ONG Center for Biological Diversity, a en revanche déploré que « la plus haute cour accepte d’envisager de priver des milliers d’utilisateurs du Roundup atteints de cancer de leur chance de se faire entendre par la justice ».

Faute de parvenir à gagner devant les tribunaux, « Bayer demande maintenant à la Cour d’empêcher des jurys de connaître les faits » sur le Roundup, a-t-elle souligné dans un communiqué.

À l’origine de la procédure devant la Cour suprême, la condamnation de Monsanto en octobre 2023 par un jury à Saint-Louis, dans le Missouri, à une indemnisation à un homme ayant développé une forme de cancer qu’il attribue à son exposition à l’herbicide.

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